SWEENEY TODD
L’attente devenait longue. Une nouvelle
collaboration entre Johnny Deep, Helena Bonham Carter et Tim Burton, des bruits dans les médias annonçant une comédie musicale puis la confirmation du réalisateur fou d’Hollywood qu’il s’agirait
bien d’une comédie musicale dans laquelle le personnage serait un barbier égorgeant ses victimes… Beaucoup de bruit pour une attente insupportable qui a enfin prit fin il y a quelques
semaines.
A/ L'histoire
:
Pour ceux qui ont aimé Sleepy Hollow, Ed Wood ou Edward aux Mains d’Argent, ils
retrouveront à coup sûr une réalisation absolument identique. Tim Burton filme juste, se permet parfois des angles nouveaux qui ne choquent jamais car ils innovent en même temps que les scénario.
A noter que pour l’une des premières fois, la musique (pourtant essentielle ici plus encore que dans ses films précédents) n’est pas confiée à Danny Elfman. Néanmoins, si l’on ne le remarque pas
au générique, la musique est tout à fait du même genre que les films précéde
nts même si après réflexion, on se demande sérieusement si le film n'aurait pas été meilleur sans le chant des acteurs.
B/ La réalisation :
Elle est toujours merveilleuse, ce film est un vrai Burton. L’atmosphère du film est
proche de celle de Sleepy Hollow avec du sang très rouge, une proximité avec le fantastique omniprésente, des caractères ambivalents et
lunatiques… En quelques mots, l’histoire est celle d’un barbier, joué par Sweeney Todd qui veut se venger de la mort de sa femme et qui va donc tuer tous ceux qui se trouvent entre lui et le
juge, coupable du meurtre de sa femme et de l’enlèvement de sa fille. Pour se faire, il va s’installer en ville comme barbier virtuose dans la taverne d'une cuisinière ratée. Le duo commence
à fonctionner et les gorges s’ouvrent sous le couteau aiguisé de Mister Todd.
C/ Les
acteurs :
La dissymétrie est absolue. D’un
côté, la majeure partie du film se joue entre Johnny Deep et Helena Bonham Carter et là, c’est un véritable délice. Johnny Deep est terrifiant à souhait avec sa lame de rasoir prête à servir et
la cuisinière est tantôt comique tantôt presque émouvante dans les étranges relations qu’elle entretient avec Sweeney Todd. D’un autre côté, tout le pan de l’histoire avec Anthoni Hope et Johanna
(la fille du barbier) est vraiment fade. Le jeu n’est guère évolué et les acteurs sont peu convaincants surtout par rapport aux monstres sacrés précédemment cités. C’est vraiment dommage car le
film connaît de brusques ralentissements à chaque fois qu’un des deux personnages principaux quittent l’écran…
D/ Avis personnel :
Le film est incontestablement à voir
et globalement le pari est réussi. Pour une comédie musicale, Tim Burton conserve ses ingrédients magiques et nous offre un excellent divertissement. Néanmoins, le film souffre des différences de
jeu entre les acteurs et d’une fin assez bâclée qui nous laisse sur un goût d’inachevé.
E/ Note personnelle :
15 / 20
ENFANCE, ADOLESCENCE, JEUNESSE par Léon TOLSTOI

Au moment de lire ce livre, la question à laquelle je voulais avant tout répondre était la suivante : la
littérature de Tolstoï se résumait-elle uniquement à Anna Karénine et à Guerre et Paix qui sont
les seuls livres que tout à chacun connaît en général du grand auteur russe. La réponse fut sans appel : non, la littérature tolstoïenne est immensément plus large et mériterait d'être plus
largement connue car elle recèle de véritable trésors comme cet ouvrage, l'un des tout premiers écrits par l'homme de Saint-Pétersbourg.
L'ouvrage est composé de trois parties, Enfance, Adolescence, Jeunesse qui possèdent une réelle cohérence même si
l'auteur voulait initialement en rajouter une quatrième qui ne viendra jamais. Ces trois périodes passent en effet les moments les plus essentiels et les plus universels de la période qui nous
forge en tant qu'adulte, de la période où nous nous posons les grandes questions, de la période où l'on comprend que l'on aurait aimé ne pas grandir même si certains plaisirs nouveaux se
révèlent. Sans aucun doute, les pensées d'un jeune homme racontant sa jeunesse (le récit est proche de l'autobiographie) n'ont guère changée et j'ai personnellement retrouvé de nombreuses
pensées, de nombreux raisonnement passés sous la plume de l'écrivain russe.
Par ailleurs, pour ceux que cela pourrait intéresser (cela me passionne personnellement), on continue à découvrir la société russe du
XIXe siècle à travers le regard grandissant de l'enfant : les rapports villes / campagnes, les éltes bourgeoises que n'aiment pas le jeune garçon, les bals (que serait un roman de Tolstoï sans
bals !), l'université et le vie estudiantine qui n'a que très peu évoluée...
Mais au-delà du contenu de l'histoire qu'il faut absolument découvrir, c'est surtout par la qualité de l'écriture que le livre se remarque.
J'ai lu quelques critiques qui notait une "écriture encore héistante, l'écriture d'un auteur qui va s'affirmer mais qui ne tire pas encore de son talent tout son potentiel". Clairement, ce livre
a la valeur ajoutée de la spontanéité et on y découvre le vrai style Tolstoï, soit une écriture que nul n'a réussi à égaler dans la description des sentiments et des sensations... Ce petit livre
est sans nul doute un grand livre et c'est devenu mon livre de chevet inconditonnel aux côtés des Essais de Montaigne...
Note Personnelle : 19.5 / 20
publié dans :
Littérature
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THERE WILL BE BLOOD

Oscarisé et glorifié par la presse, parfois détesté par le public, il y a indéniablement dans cette oeuvre une dimension de cinéma
inclassable qui donne plus que toute critique une folle envie de se frotter à ce film qui attise ainsi les oppositions.
A/ L'histoire
:
Une grande épopée qui retrace toute une partie de la formidable histoire des Etats-Unis d'Amérique. De la même veine que
Gangs of New York qui se préoccupait principalement d'une petite ville et d'une petite partie de l'histoire (l'immigration irlandaise suite à la
Grande Famine de 1848, la Guerre de Sécession et surtout les affrontements des bandes dans les ruelles corrompues de New York City), There Will Be Blood se préoccupe quant à lui de la
naissance véritable des Etats-Unis comme grande puissance. Plusieurs grands passages de l'histoire américaine s'entremêlent : la conquête de l'or noir bien entendu mais aussi l'exansion
ferroviaire, l'aménagement des immenses territoires à l'Ouest, le développement des sectes dérivées du puritanisme et peu à peu le développement d'un capitalisme incontrôlé et
incontrôlable... Comme rien ne s'est passé isolément, le réalisateur a l'intelligence de ne pas se concentrer exclusivement sur son sujet de la conquête pétrolière
mais d'embrasser tout un pan de l'histoire.
B/ La réalisation
:
Sur ce point, rien de bien extraordinaire si ce n'est justement que rien ne choque et donc que la caméra n'est là
que pour appuyer un scénario en béton et des acteurs sublimes. Mis à part une musique aggressive parfois difficile à comprendre comme dans la scène d'introduction, la réalisation ne souffre
d'aucun manquement grave si ce n'est peut-être un léger manque d'inventivité qui aurait pu supporter davantage encore la force de la fin. On se trouve là dans le récit filmique de la grande
épopée américaine et pour se faire, le réalisateur n'a pas choisi de renouveller les classiques mais de se reposer sur les acquis solides du passé. On remarquera tout au juste une ou deux
séquences-plans très longues qui s'insèrent parfaitement dans la narration et qui dénote tout de même d'une maturité affirmée de la part du réalisateur.
C/ Les acteurs
:
Que l'on aime ou non le film, on ne peut pas ne pas apprécier la performance de Daniel Day Lewis, justement
récompensé d'un Oscar et d'un Golden Globes. Difficile à cerner, difficile à comprendre, homme rustre et délicat à la fois, le personnage de magnat du pétrole lui va comme un gant. Du côté des
acteurs, on peut noter la prestation de Paul Dano qui après avoir joué l'adolescent qui a fait voeux de silence dans Little Miss Sunshine, nous campe avec assurance un prêtre complétement possédé
et nous offre un jeu qui pousse parfois aux extrêmes et au sur-jeu.
D/ Avis Personnel
:
C'est tout bonnement exceptionnel et délectable ! En outre, le réalisater se passe de tout aspect moralisateur et nous
laisse apprécier les débuts du capitalisme sauvage tels qu'ils ont été réellement ! Enfin, plusieurs lectures du film sont possibles ce qui est souvent la marque des grands films et pas
de doute ici : c'est un chef-d'oeuvre qui vient de naître !
E/ Note Personnelle
:
19 / 20
REQUIEM FOR A DREAM

Voilà un film qui mérite indéniablement l'appelation de chef-d'oeuvre, mais qui ne peut se voir sans ressentir un terrible malaise. Long-métrage aussi étrange que PI, le premier film de Aronofsky, mais bien plus dur psyhologiquement.
Le réalisateur, qui s'inspire au passage d'une oeuvre littéraire que l'on m'a à plusieurs reprises conseillé, se préoccupe cette fois-ci de notre dépendance à un matérialisme inutile : drogue, télévision, beauté factice.... Il nous entraîne aussi sur les pistes des rêves irréalisable, de la naïveté de ses personnages, du besoin de paraître à défaut d'être....
La caméra ne reste pas une seule seconde en place et les effets visuels sont très nombreux, voir même trop nombreux. Cependant, ce perpétuel mouvement met bien en lumière l'impression d'abîme, de tourbillon ou de spirale inspirée par le thème. La redondance de certains objets semble aller en ce sens.
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