Stanley KUBRICK
C’est certainement LE réalisateur qui est le plus ancré dans la légende du cinéma entre cinéma populaire et cinéma d’auteur.
Grandissant à New-York dans le Bronx, il est élevé dans une famille juive attirée particulièrement par la photographie. Après quelques courts-métrages et son premier long-métrage Fear and desire, il commence immédiatement sa grande œuvre, constituée de films qui vont tous explorer dans des genres différents ce qui constituera sa force
comme cinéaste surdoué et capable de tout transformer en or :
· Le péplum à travers le film Spartacus qui permet la création du premier lien réel entre le réalisateur et un public populaire souvent ravi par la débauche de moyens.
· Le drame avec Lolita, film que je connais peu mais qui le classe souvent dans la catégorie des auteurs possédant une caméra fine et audacieuse.
· La comédie loufoque de Docteur Folamour, incontestablement l’une de ses plus grandes réussites.
Le réalisateur nous fait sourire à chaque minute mais nous fait finalement plus grimacer
que sourire tant il dévoile avec malice les incongruités d’une époque de prolifération nucléaire.
· La science-fiction de 2001 Odyssée de l’Espace, le film que Kubrick voudrait que nous retenions de son œuvre. Il réussit à travers ce film psychologique, laissant de très
nombreuses manières de comprendre les réflexions du film, à réaliser quasiment ce qu’il désirait le plus ardemment : faire un film sans acteurs.
· Le film d’anticipation Orange Mécanique, qui dévoile davantage encore son malaise vis-à-vis des acteurs car Malcom McDowell fut véritablement une victime du grand génie et restera
longtemps éprouvé par ce tournage intensif et un réalisateur jamais satisfait et semblant ingrat par rapport à une prestation sublime. Le film choque le public international, est bientôt interdit
en Angleterre car ayant inspiré des bandes cruelles et meurtrières et ravie la presse et les cinéphiles par sa grandeur et sa démesure même.
· Le film de guerre en noir et blanc avec les Sentiers de la gloire, film sobre, simple mais toujours aussi choquant, dénonçant cette fois-ci avec force les dérives de la Grande Guerre.
· Le film historique de Barry Lyndon, fresque européenne à travers l’époque napoléonienne et metternichienne. On y découvre les capacités de narrateur de Kubrick et même si
l’ensemble
apparaît parfois assez lent, c’est au profit d’une
pureté inégalée.
· Le film d’horreur avec Shining. Là encore, nouveau genre et nouvelle référence. Ce film reste pour toute une génération et la suivante, le film le plus terrifiant de notre jeunesse
où l’on retient la prestation hors du commun de Jack Nicholson.
· Le film de guerre militant au travers de Full Métal Jacket, un film séparé en deux parties, la première révoltante par rapport aux principes militaires, la seconde dégoutant de l’horreur du
Viêt-Nam.
· Le drame de nouveau avec Eyes Wide Shut, film que je n’ai jamais beaucoup apprécié et qui ne fait guère que réunir Nicole Kidman et Tom Cruise autour d’un film qui sera le dernier du
génie inégalé du cinéma.
A
chaque fois que Stanley Kubrick touchait à un genre, il établissait une nouvelle référence. Il restera de plus à jamais le réalisateur qui a été capable de toucher à tous ces genres tout en
construisant une œuvre cohérente et qui retrouve des éléments communs qui permettent de définir le cinéma kubrickien.
Dans ce cinéma, on trouve la primauté de la caméra. L’acteur y est toujours excellent mais le réalisateur ne veut pas que ce soit cet acteur que l’on retienne. C’est en ce sens qu’il ne reprend
jamais deux fois le même acteur pour ses films mais c’est aussi en ce sens que son casting a toujours été l’un des plus difficile.
Ensuite, le cinéma de Kubrick est un cinéma qui révolutionne à chaque fois le cinéma. Avec 2001 Odyssée de l’Espace, il réalise la prouesse d’un
film sans dialogues et pourtant une référence populaire. Avec Orange Mécanique, il expose une violence volontairement poussée à son extrême et
choque son public même plus qu’il ne le souhaitait.
Enfin son cinéma est engagé de manière parfois détourné, dénonçant la guerre du Viêt-Nam, la guerre froide, les dérives de l’individualisme dans l’évolution des sociétés puis le développement du
mysticisme et la recherche de l’extra-ordinaire.
Je finirais sur la plus grande force des films de Kubrick : l’alliance de la musique classique et de la tension dramatique. Qui ne se souvient pas de la terrible neuvième symphonie de
Beethoven sur un passage à tabac d’un clochard dans un Londres édulcoré et néo-futuriste. Magique !
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